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	<title>Association des Jeunes Magistrats (AJM)</title>
	<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/</link>
	<description>Notre association est forte de 370 membres. Ses objectifs sont principalement : la diffusion d'un kit de survie pour les magistrats sortants de l'ENM et changeant de fonction, la mise en place d'un accompagnement des magistrats en d&#233;but de carri&#232;re, l'organisation de journ&#233;es de r&#233;flexion, les interventions dans les &#233;coles, le travail sur l'accueil des scolaires dans les tribunaux. Enfin ce site soutient l'effort de vulgarisation des grandes r&#233;formes de la Justice et de leurs enjeux, &#224; destination du grand public.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Association des Jeunes Magistrats (AJM)</title>
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		<title>Un jugement, kesako ?</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Un-jugement-kesako.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>featured</dc:subject>
		<dc:subject>Grand public</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quelques explications simples pour comprendre ce qu'est un jugement. Garanti sans maillet ni marteau, un outil dont le juge fran&#231;ais ne dispose pas !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;Billets d'humeur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Grand-public-+.html" rel="tag"&gt;Grand public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L147xH150/arton193-706e2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='147' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:147px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un jugement kesako ?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, un jugement n'est pas une grille sur laquelle le juge ou m&#234;me son greffier coche des croix.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, un jugement ne ressemble pas &#224; un PV de contravention.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, un jugement n'est pas seulement la d&#233;cision intrins&#232;que prise par le juge en son for int&#233;rieur.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, un jugement n'est pas un compte rendu de r&#233;union.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jugement c'est quoi alors ?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jugement, concr&#232;tement, c'est un document par lequel le juge explique les raisons qui l'ont pouss&#233; &#224; prendre la d&#233;cision qu'il annonce. La loi encadre le contenu du jugement, lequel serait nul sans un certain nombre de mentions, mais un jugement doit surtout &#234;tre motiv&#233; : la d&#233;cision doit &#234;tre expliqu&#233;e pour garantir le justiciable contre l'arbitraire des magistrats. Pour cela, le juge, auteur dudit jugement, doit reprendre le principe du syllogisme judiciaire. Ah quel doux mot, un peu surann&#233;, qui sent bon la fac de droit ! Le syllogisme judiciaire cela peut se r&#233;sumer par le m&#233;canisme suivant : voil&#224; la r&#232;gle de droit applicable, voici les faits de notre situation qui nous est soumise, voici donc la d&#233;cision qui en r&#233;sulte.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi lorsque vous entendez un magistrat dire qu'il a des jugements &#224; r&#233;diger, gardez vous de sous-estimer la t&#226;che qui est la sienne ! Mettons de c&#244;t&#233; le temps de la r&#233;flexion, pr&#233;alable n&#233;cessaire pour trancher le litige, et attachons-nous au temps m&#234;me de la r&#233;daction.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Expliquer en se basant sur la loi, avec des mots choisis pour ne pas blesser ni vexer, mais en &#233;tant intelligible et accessible pour que ses destinataires comprennent les raisons de la d&#233;cision, &#224; d&#233;faut d'y adh&#233;rer, cela ne se fait pas en un tournemain ! Et c'est encore plus d&#233;licat dans des domaines sensibles tels que la s&#233;curit&#233; publique (pensons aux d&#233;cisions du Juge d'application des peines qui seront d&#233;cortiqu&#233;es au moindre incident ou r&#233;cidive du condamn&#233; !), les libert&#233;s individuelles (il est plus ais&#233; de critiquer a posteriori les motifs d'une d&#233;tention provisoire ou d'une mise en libert&#233;, quand la culpabilit&#233; ou l'innocence a &#233;t&#233; &#233;tablie !) ou la protection de l'enfance (les motivations du Juge des enfants ont un impact direct sur le travail qui va &#234;tre men&#233; avec la famille).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela correspond au br&#233;viaire du magistrat, le B-A-BA en quelque sorte. La base.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est &#233;videmment ce que chaque juge aspire &#224; faire autant que possible, lorsqu'il parvient &#224; s'isoler suffisamment des contingences du quotidien, &#224; s'extraire de la masse des dossiers qui l'attendent, et qui ont l'air de tellement se ressembler alors qu'ils sont tous diff&#233;rents... R&#233;sistera-t-il &#224; la tentation de la trame dont il ne reste qu'&#224; compl&#233;ter les trous ? Tout d&#233;pend si aujourd'hui il si&#232;ge aussi toute la journ&#233;e en correctionnelle pour remplacer un coll&#232;gue absent depuis 6 mois et non remplac&#233;, ou s'il doit faire les t&#226;ches que son greffier ne peut accomplir, lui-m&#234;me trop occup&#233; &#224; pallier la vacance de poste de son coll&#232;gue... Cela d&#233;pend aussi s'il a du papier ou une cartouche d'encre compatible avec son imprimante...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque jour des milliers de d&#233;cisions sont rendues par des magistrats qui, s'ils ne peuvent toujours accomplir cette t&#226;che avec autant d'application qu'ils le souhaiteraient, font le maximum avec les moyens qui sont les leurs, afin d'offrir aux justiciables des d&#233;cisions &#224; la hauteur de l'int&#233;r&#234;t qui est port&#233; &#224; leur situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'ai r&#234;v&#233; d'une justice du XXIe si&#232;cle</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/J-ai-reve-d-une-justice-du-XXIe.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/J-ai-reve-d-une-justice-du-XXIe.html</guid>
		<dc:date>2015-03-05T23:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>featured</dc:subject>
		<dc:subject>Grand public</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'occasion du colloque sur la Justice du 21e si&#232;cle, un des membres de l'AJM a fait un r&#234;ve. Un r&#234;ve d'une autre Justice. Comme tous les articles sign&#233;s par &quot;un jeune magistrat parmi d'autres&quot;, il s'agit d'une voix particuli&#232;re, mais un certain nombre de principes sont largement partag&#233;s... (photo : Inception - DR)&lt;/p&gt;

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/ 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH100/arton194-10078.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='100' class='spip_logos' style='height:100px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette nuit, j'ai fait un r&#234;ve.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; quelque chose d'impossible, je le sais bien.
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; d'une justice qui aurait les moyens de ses ambitions,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que j'aurais enfin le temps d'&#233;couter vraiment les justiciables,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que j'aurais tout le temps n&#233;cessaire de lire mes dossiers,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous serions des citoyens comme les autres et non des citrons que l'on presse, m&#234;me quand il ne reste plus de jus,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que juge d'instruction, je n'aurais pas &#224; limiter &#224; l'exc&#232;s mes investigations quand cela est pourtant n&#233;cessaire, faute de moyens,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que juge des libert&#233;s, je pourrais prendre des d&#233;cisions difficiles en coll&#233;gialit&#233;,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que, juge correctionnel, j'aurais d'autres peines &#224; prononcer que de la prison, avec notamment un suivi r&#233;el des condamn&#233;s et du personnel dans les services de probation,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que, juge aux affaires familiales, je n'aurais pas une pleine valise de dossiers &#224; transporter chaque semaine,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que juge des enfants, j'aurais des places en foyer &#224; proposer,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que la justice des enfants serait une priorit&#233;, pour emp&#234;cher le plus en amont possible que certains deviennent d&#233;linquants,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que j'aurais droit moi aussi &#224; des soir&#233;es, &#224; des week-ends &#224; des vacances enti&#232;res avec mes enfants, sans devoir travailler presque &#224; chaque fois,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que l'on nous appliquerait aussi la loi sur la dur&#233;e maximale du temps de travail,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que mon tribunal ne serait pas chaque ann&#233;e en cessation de paiements apr&#232;s seulement quelques mois d'activit&#233;,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous pourrions payer correctement nos experts et rubis sur l'ongle,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; de jours travaill&#233;s le week-end r&#233;mun&#233;r&#233;s comme des jours travaill&#233;s le week-end (et pas comme des astreintes),
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; d'avocats commis d'office mieux pay&#233;s,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; d'effectifs &#233;quivalents &#224; ceux des autres pays europ&#233;ens, rapport&#233; au nombre d'habitants et &#224; la richesse nationale,
&lt;br /&gt;
J'ai donc r&#234;v&#233; d'un doublement des effectifs,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous pourrions rendre tous nos jugements au maximum dans un d&#233;lai d'un mois,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que la justice serait mieux comprise et que nous pourrions l'expliquer,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; d'&#233;quipes de professionnels pour nous assister,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que notre institution serait vraiment ind&#233;pendante, que l'on &#233;viterait d'attaquer les juges lors de faits divers, et cela quelle que soit la majorit&#233; en place,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que si par extraordinaire cela devait arriver, notre ministre nous d&#233;fendrait clairement, &#224; chaque fois, &lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que m&#234;me le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, garant des institutions et de l'ind&#233;pendance de l'autorit&#233; judiciaire, saurait intervenir dans le d&#233;bat public si n&#233;cessaire,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; qu'il n'y aurait plus de dossiers &quot;signal&#233;s&quot; &#224; l'ex&#233;cutif,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que des informations de terrain, des vraies, pourraient remonter quotidiennement au minist&#232;re de la justice, concernant les conditions de travail,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; de d&#233;bats moins passionn&#233;s, plus dignes et plus document&#233;s, sur l'incarc&#233;ration,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; de prisons humaines, o&#249; l'on n'est pas trois dans douze m&#232;tres carr&#233;s et o&#249; l'on ne dort pas &#224; m&#234;me le sol,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; d'un procureur de la nation,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; d'un parquet totalement ind&#233;pendant,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que je ne serai plus un petit pois,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous saurions d&#233;fendre collectivement et fortement nos valeurs sans craindre d'&#234;tre per&#231;us comme des corporatistes,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que la soci&#233;t&#233; saurait s'&#233;lever pour d&#233;fendre la justice, en r&#233;clamant les changements n&#233;cessaires de la loi,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous serions vraiment tous &#233;gaux devant la loi, en th&#233;orie mais aussi en pratique,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; de lois mieux pr&#233;par&#233;es, mieux r&#233;dig&#233;es et mieux &#233;valu&#233;es,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que l'on arr&#234;terait de nous attribuer si souvent de nouvelles pr&#233;rogatives, en particulier quand surgit un nouveau probl&#232;me de soci&#233;t&#233; d&#233;licat,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que l'on aurait parfois le droit de parler &#224; la presse sur nos conditions de travail,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que les m&#233;dias sauraient plus souvent interroger les magistrats pour vraiment comprendre le droit avant d'en parler, sans &#233;voquer le fond des dossiers,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; aussi que les journalistes ne parleraient plus de &quot;d&#233;tention pr&#233;ventive prononc&#233;e par le juge d'instruction&quot;,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; qu'il n'y aurait plus de seaux dans la salle des pas perdus, et que l'eau ne coulerait plus par le plafond,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous aurions des codes &#224; jour Dalloz ou Litec, selon notre choix,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous aurions des bases de donn&#233;es juridiques &#224; notre disposition, plusieurs m&#234;me,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous aurions du papier pour imprimer nos jugements, et suffisamment de stylos pour &#233;crire,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous aurions des assistants pour pr&#233;parer avec nous des synth&#232;ses de dossiers,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous aurions du temps pour &#233;changer entre nous sur les dossiers, du temps en g&#233;n&#233;ral pour &#233;changer avec nos partenaires, pour r&#233;fl&#233;chir aux moyens d'am&#233;liorer incessamment nos pratiques parce que juger est une fonction exigeante et difficile, d'un grand poids,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que les carri&#232;res &#233;volueraient selon le m&#233;rite, seulement le m&#233;rite,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; qu'un tribunal pouvait &#233;lire en son sein son pr&#233;sident et son procureur, que les premiers pr&#233;sidents et procureurs g&#233;n&#233;raux seraient &#233;lus par ces derniers et non pas nomm&#233;s en conseil des ministres,
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que la localisation des emplois serait d&#233;battue avec toute la profession et r&#233;alis&#233;e sur des bases s&#233;rieuses et scientifiques,
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; tout cela cette nuit,
&lt;br /&gt;
Je r&#234;verai de cela la nuit prochaine et toutes les nuits,
&lt;br /&gt;
Et tous les jours, aussi, pourvu que cela puisse arriver, m&#234;me un peu,
&lt;br /&gt;
Demain ou apr&#232;s-demain,
&lt;br /&gt;
Un jour en tout cas.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai r&#234;v&#233; que nous serions bient&#244;t au XXI si&#232;cle et m&#234;me en 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je suis Charlie.</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Je-suis-Charlie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Je-suis-Charlie.html</guid>
		<dc:date>2015-01-07T20:16:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le Conseil d'Administration de l'AJM</dc:creator>


		<dc:subject>Grand public</dc:subject>

		<description>

-
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH150/arton202-f4d74.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_131 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L500xH375/je-suis-charlie2-afd99.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite revue des bizarreries et &#233;tranget&#233;s du projet actuel de r&#233;forme p&#233;nale</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Petite-revue-des-bizarreries-et.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Petite-revue-des-bizarreries-et.html</guid>
		<dc:date>2014-06-23T12:48:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>featured</dc:subject>
		<dc:subject>Juge d'application des peines</dc:subject>
		<dc:subject>Juge p&#233;nal</dc:subject>
		<dc:subject>Grand public</dc:subject>
		<dc:subject>Fonctions p&#233;nales</dc:subject>

		<description>Force est de constater que la loi &#233;volue au cours de son &#233;laboration minist&#233;rielle, puis des d&#233;bats parlementaires... Petite revue (non exhaustive) des bizarreries qui r&#233;sulteraient de la r&#233;forme p&#233;nale, si elle devait &#234;tre adopt&#233;e en l'&#233;tat. [1] - Article 3 alin&#233;a 4 (art. 132-19 CP) &#8220;Lorsque le tribunal correctionnel prononce une peine d'emprisonnement sans sursis ou ne faisant pas l'objet d'une mesure d'am&#233;nagement (...), il doit sp&#233;cialement motiver sa d&#233;cision&#8221;. L'id&#233;e du l&#233;gislateur (...)

-
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/ 
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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Juge-d-application-des-peines-+.html" rel="tag"&gt;Juge d'application des peines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Juge-penal-+.html" rel="tag"&gt;Juge p&#233;nal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Grand-public-+.html" rel="tag"&gt;Grand public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Fonctions-penales-+.html" rel="tag"&gt;Fonctions p&#233;nales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH120/arton200-4524c.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='120' class='spip_logos' style='height:120px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Force est de constater que la loi &#233;volue au cours de son &#233;laboration minist&#233;rielle, puis des d&#233;bats parlementaires... Petite revue (non exhaustive) des bizarreries qui r&#233;sulteraient de la r&#233;forme p&#233;nale, si elle devait &#234;tre adopt&#233;e en l'&#233;tat. [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Il ne s'agit pas ici de faire valoir un avis sur le fond du texte et sur (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Article 3 alin&#233;a 4&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;(art. 132-19 CP) &#8220;Lorsque le tribunal correctionnel prononce une peine d'emprisonnement sans sursis ou ne faisant pas l'objet d'une mesure d'am&#233;nagement (...), il doit sp&#233;cialement motiver sa d&#233;cision&#8221;.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'id&#233;e du l&#233;gislateur &#233;tait initialement d'inviter le tribunal &#224; justifier qu'il pronon&#231;&#226;t une peine d'emprisonnement ferme sans am&#233;nagement. Sauf qu'il s'est, semble-t-il, tromper d'un mot. OU. R&#233;sultat, chaque fois que le tribunal prononcera une peine autre que l'emprisonnement, ce sera une peine qui ne fait pas l'objet d'une mesure d'am&#233;nagement (puisque ce n'est pas de l'emprisonnement !), et par cons&#233;quent, le tribunal devrait sp&#233;cialement motiver sa d&#233;cision !
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors s'il &#233;tait possible de remplacer ce &#8220;ou&#8221; par un &#8220;et&#8221;...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Article 6bis alin&#233;a 14&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;(art. 132-52 CP) &#8220;Le caract&#232;re non-avenu de la condamnation ne fait pas obstacle &#224; la r&#233;vocation totale ou partielle du sursis avec mise &#224; l'&#233;preuve d&#232;s lors que le manquement ou l'infraction ont &#233;t&#233; commis avant l'expiration du d&#233;lai d'&#233;preuve.&#8221;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques explications : le caract&#232;re non avenu d'une condamnation signifie que cette peine ne peut plus &#234;tre ramen&#233;e &#224; ex&#233;cution. C'est le cas d'un sursis avec mise &#224; l'&#233;preuve, lorsqu'&#224; la fin du suivi, les obligations ont &#233;t&#233; respect&#233;es : la condamnation est non avenue et le sursis ne peut plus &#234;tre r&#233;voqu&#233;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amendement du S&#233;nat qui aboutit &#224; cette r&#233;daction est surprenant, au moins dans sa forme : la phrase signifie que ce n'est pas parce qu'une condamnation ne peut plus faire l'objet d'une r&#233;vocation, qu'elle ne peut plus faire l'objet d'une r&#233;vocation ! Evidemment, on le comprend, puisqu'on vise des faits qui ont &#233;t&#233; commis avant que la condamnation soit non avenue... Mais aucun d&#233;lai n'est pr&#233;vu ? Combien de temps apr&#232;s la fin de la mise &#224; l'&#233;preuve pourrait-on reprocher au condamn&#233; le fait, par exemple, qu'il soit entr&#233; dans un caf&#233; alors qu'il avait l'interdiction de fr&#233;quenter les d&#233;bits de boisson ?...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors s'il &#233;tait possible de limiter dans le temps cette possibilit&#233; de r&#233;vocation, par exemple en pr&#233;voyant que &#8220;la saisine en vue de la r&#233;vocation doit intervenir dans le mois qui suit la fin de la mise &#224; l'&#233;preuve&#8221;...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Article 7 - II 2 a)&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;(art. 723-15 CPP) &#8220;Les personnes non incarc&#233;r&#233;es ou ex&#233;cutant leur peine sous le r&#233;gime de la semi libert&#233;, du placement &#224; l'ext&#233;rieur ou du placement sous surveillance &#233;lectronique, condamn&#233;es &#224; une peine inf&#233;rieure ou &#233;gale &#224; deux ans d'emprisonnement (...) b&#233;n&#233;ficient, dans la mesure du possible et si leur personnalit&#233; et leur situation le permettent, suivant la proc&#233;dure pr&#233;vue au pr&#233;sent paragraphe, d'une semi-libert&#233;, d'un placement &#224; l'ext&#233;rieur, d'un placement sous surveillance &#233;lectronique, d'un fractionnement ou d'une suspension de peines, d'une lib&#233;ration conditionnelle ou de la conversion pr&#233;vue &#224; l'article 132-57 du code p&#233;nal.&#8221;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques explications : l'article 723-15 du code de proc&#233;dure p&#233;nale permet l'am&#233;nagement des peines d'emprisonnement ferme, c'est-&#224;-dire l'examen des possibilit&#233;s d'am&#233;nagement de la peine pour des personnes qui ont &#233;t&#233; condamn&#233;es &#224; une peine d'emprisonnement ferme, afin de d&#233;terminer si l'incarc&#233;ration est n&#233;cessaire, ou si d'autres modalit&#233;s d'ex&#233;cution de la peine sont possibles (bracelet &#233;lectronique ou PSE, semi-libert&#233;, etc...). Il faut observer que le tribunal a la possibilit&#233; d'ordonner imm&#233;diatement ces am&#233;nagements de peine, mais ne disposant pas de toutes les informations, il s'en remet donc &#224; un examen devant le juge de l'application des peines.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet de r&#233;forme p&#233;nale pr&#233;voit donc que les personnes condamn&#233;es &#224; une peine d'emprisonnement ferme devant le tribunal ET d'un am&#233;nagement de cette peine (donc qui ont d&#233;j&#224; une peine individualis&#233;e) vont repasser devant le juge de l'application des peines pour envisager A NOUVEAU un am&#233;nagement de leur peine ! Sans doute pourra-t-on envisager que le condamn&#233; b&#233;n&#233;ficie d'un deuxi&#232;me bracelet &#233;lectronique ?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, s'il &#233;tait possible d'en revenir &#224; la version ant&#233;rieure du texte, parce que vu la forte activit&#233; de nos juridictions, examiner une deuxi&#232;me fois un am&#233;nagement de peine pour une personne qui en b&#233;n&#233;ficie d&#233;j&#224; pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t assez limit&#233;...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Article 7 quinquies A&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;(art.122-1 CP) &#8220;La personne qui &#233;tait atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant alt&#233;r&#233; son discernement ou entrav&#233; le contr&#244;le de ses actes demeure punissable ; toutefois, la peine privative de libert&#233; encourue est r&#233;duite du tiers. En outre, la juridiction tient compte de cette circonstance pour fixer le r&#233;gime de la peine. Lorsque le sursis &#224; ex&#233;cution avec mise &#224; l'&#233;preuve de tout ou partie de la peine a &#233;t&#233; ordonn&#233;, cette mesure est assortie de l'obligation vis&#233;e par le 3&#778; de l'article 132-45 apr&#232;s avis m&#233;dical et sauf d&#233;cision contraire de la juridiction.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques explications : la loi pr&#233;voyait que le tribunal prend en compte les probl&#232;mes psychiatriques constat&#233;s par un expert. Le projet pr&#233;voit que cette prise en compte est n&#233;cessairement favorable au condamn&#233;, qui par d&#233;finition n'est pas en capacit&#233; de ma&#238;triser totalement son comportement. A noter que dans la r&#233;daction pr&#233;c&#233;dente, l'&#233;tat de la personne &#233;tait pris en compte dans la d&#233;termination de la peine et dans son r&#233;gime, alors que le nouveau texte n'a conserv&#233; que le r&#233;gime de la peine.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet de r&#233;forme p&#233;nale incite le tribunal &#224; pr&#233;voir une obligation de soins lorsque la personne pr&#233;sente une alt&#233;ration du discernement, ce qui est d&#233;j&#224; une pratique usuelle. Passons sur le fait qu'en 2017, cette obligation ne pourra plus &#234;tre prononc&#233;e dans le cadre d'une peine assortie totalement d'un sursis avec mise &#224; l'&#233;preuve, et que l'id&#233;e de la contrainte p&#233;nale n'est pas venue au L&#233;gislateur... Cependant, il faut surtout constater que cet amendement oblige &#224; recueillir pr&#233;alablement un avis m&#233;dical ! Ainsi, elle cr&#233;e une &#233;tape suppl&#233;mentaire qui va rendre un peu plus difficile le prononc&#233; d'une obligation de soins, par rapport au condamn&#233; pleinement responsable !
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, s'il &#233;tait possible de supprimer cette derni&#232;re phrase, et laisse le tribunal appr&#233;cier l'opportunit&#233; d'une obligation de soins...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Article 8 alin&#233;a 17&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;(art. 131-4-1 CP) &#8220;La condamnation &#224; la contrainte p&#233;nale est ex&#233;cutoire par provision.&#8221;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques explications : pour situer le probl&#232;me, il faut expliquer ce qu'est l'ex&#233;cution provisoire, ou une peine ex&#233;cutoire par provision. Les peines sont en principe ex&#233;cut&#233;es lorsque la personne ne peut plus faire appel de sa condamnation. N&#233;anmoins, pour la plupart des peines, le tribunal a la possibilit&#233; de pr&#233;voir que la peine est ex&#233;cutoire par provision, c'est-&#224;-dire qu'elle s'ex&#233;cute d&#232;s son prononc&#233;, et se poursuit m&#234;me si la personne devait faire appel de sa condamnation : il s'agit de tirer les cons&#233;quences imm&#233;diates de la d&#233;claration de culpabilit&#233;. Le projet de loi pr&#233;voit donc que la contrainte p&#233;nale serait toujours ex&#233;cutoire par provision.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ca a l'air de rien, mais ce petit bout de phrase, qui para&#238;t rendre la peine plus imm&#233;diatement efficiente, peut avoir des cons&#233;quences diam&#233;tralement oppos&#233;es. Evidemment, si la personne est pr&#233;sente &#224; l'audience, elle est condamn&#233;e &#224; une contrainte p&#233;nale, et sera convoqu&#233;e aussit&#244;t devant les services judiciaires et p&#233;nitentiaires pour d&#233;buter son suivi. Mais que se passe-t-il lorsque la personne est absente ? Dans ce cas, on dit que le jugement est rendu par d&#233;faut, ou qu'il doit &#234;tre signifi&#233; au condamn&#233;. La signification, c'est le plus souvent un huissier qui se rend au domicile du condamn&#233; pour l'aviser du jugement de condamnation. Or, cette signification ne se fait pas forc&#233;ment &#224; personne... Autrement dit, la signification peut &#234;tre satisfaite, dans certaines conditions, si elle est faite &#224; domicile, &#224; mairie, ou &#224; parquet... Par cons&#233;quent, le d&#233;lai d'ex&#233;cution provisoire court &#224; compter de cette date, alors que le condamn&#233; n'a pas n&#233;cessairement &#233;t&#233; retrouv&#233; et/ou inform&#233; ! Le risque &#233;vident, c'est que le d&#233;lai de suivi de la contrainte p&#233;nale s'&#233;puise, alors que le condamn&#233; n'est m&#234;me pas inform&#233; de sa condamnation ! Un comble pour une peine qui est sens&#233;e &#234;tre plus efficace...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors il serait sans doute utile de pr&#233;voir que, comme pour l'emprisonnement (498-1 du CPP), le d&#233;lai d'appel de la contrainte p&#233;nale (donc la date &#224; partir de laquelle cette peine d&#233;bute) court d&#232;s lors que l'on est certain que la personne a eu connaissance de la d&#233;cision. Ainsi l'id&#233;e de l'ex&#233;cution provisoire serait conserv&#233;e, mais on en limiterait les inconv&#233;nients lorsque le condamn&#233; est absent &#224; l'audience. (Et dans l'id&#233;al, en m&#234;me temps que la notification de la d&#233;cision, on remettrait une date de convocation chez le JAP ou le SPIP... Mais l&#224; on en demande beaucoup...)
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Article 16 alin&#233;a 4&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;(art. 720 CPP) &#8220;Lorsque la dur&#233;e de la peine accomplie est au moins &#233;gale au double de la dur&#233;e de la peine restant &#224; subir, la situation de la personne condamn&#233;e ex&#233;cutant une ou plusieurs peines privatives de libert&#233; d'une dur&#233;e totale inf&#233;rieure ou &#233;gale &#224; cinq ans est examin&#233;e par le juge de l'application des peines.&#8221;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques explications : le projet de loi institue une &#8220;lib&#233;ration sous contrainte&#8221;. Ce n'est pas une mesure nouvelle, mais le simple examen de la situation d'un condamn&#233; ex&#233;cutant une peine d'emprisonnement ferme. Cet examen a lieu, sans le condamn&#233;, lorsque celui-ci a r&#233;alis&#233; les deux tiers de sa peine r&#233;elle. Or deux probl&#232;mes apparaissent &#224; ce seul niveau.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'abord, comme il a &#233;t&#233; dit auparavant, la loi ne distingue pas entre le condamn&#233; d&#233;tenu, et le condamn&#233; ex&#233;cutant sa peine sous la forme d'un am&#233;nagement de peine. Par cons&#233;quent, l'administration p&#233;nitentiaire, le procureur et le juge de l'application des peines vont devoir prendre le temps d'examiner la situation des personnes b&#233;n&#233;ficiant d'un am&#233;nagement de peine pour... r&#233;fl&#233;chir &#224; l'am&#233;nagement de leur peine ! Evidemment qu'on pourrait imaginer, &#224; ce stade, un am&#233;nagement de peine diff&#233;rent, mais est-il n&#233;cessaire d'examiner TOUTES les situations de mani&#232;re syst&#233;matiques, alors que le condamn&#233; qui b&#233;n&#233;ficie d'un am&#233;nagement de peine peut &#224; tout moment faire une requ&#234;te en ce sens.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors si on pouvait r&#233;server la lib&#233;ration sous contrainte aux personnes qui ont effectivement besoin d'&#234;tre lib&#233;r&#233;es...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, il y a un probl&#232;me de d&#233;lai : soit une personne condamn&#233;e &#224; 1 mois d'emprisonnement. Elle b&#233;n&#233;ficie de r&#233;ductions de peine (1 semaine). Il lui reste donc trois semaines &#224; ex&#233;cuter en pratique. Cela signifie que l'administration p&#233;nitentiaire, le procureur et le juge de l'application des peines vont devoir pr&#233;cipiter un d&#233;bat dans les quinze jours de l'incarc&#233;ration, pour envisager l'am&#233;nagement de 7 jours ! Au-del&#224; du temps ainsi perdu pour l'examen d'autres situations, on peut s'interroger sur le sens que conserve la d&#233;cision du tribunal, qui a voulu mettre un coup d'arr&#234;t, court mais ferme, &#224; un comportement d&#233;linquant.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors n'est-il pas possible de r&#233;server cet examen aux peines d'une certaine dur&#233;e (3 ou 6 mois au minimum), pour que mat&#233;riellement on puisse effectivement organiser le d&#233;bat en commission d'application des peines, et que sur le fond l'&#233;ventualit&#233; d'un am&#233;nagement de peine ait effectivement du sens...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- Article 17 bis&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques explications : le projet de loi cr&#233;e une nouvelle mesure, qui n'a pas de nom. L'id&#233;e est de r&#233;duire les possibilit&#233;s pour une personne d&#233;tenue d'&#234;tre lib&#233;r&#233; sans b&#233;n&#233;ficier d'un suivi &#224; l'ext&#233;rieur. Le juge de l'application des peines a donc la possibilit&#233; de pr&#233;voir que, pour le temps &#233;quivalent aux r&#233;ductions de peine dont a b&#233;n&#233;fici&#233; le condamn&#233;, celui-ci sera soumis &#224; un certain nombre d'obligations. Appelons cette mesure le &#8220;suivi de fin de peine&#8221; (m&#234;me si, pour le coup, voil&#224; quelque chose qui aurait pu s'appeler lib&#233;ration sous contrainte, plut&#244;t que de d&#233;nommer un examen de situation, enfin bref...). Deux difficult&#233;s dans ce suivi de fin de peine.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'abord, &lt;i&gt;(art.721-2 CP) &#8220;cette d&#233;cision est prise, selon les modalit&#233;s pr&#233;vues &#224; l'article 712-6 du pr&#233;sent code, pr&#233;alablement &#224; la lib&#233;ration du condamn&#233;, le cas &#233;ch&#233;ant en m&#234;me temps que lui est accord&#233;e la derni&#232;re r&#233;duction de peine.&#8221;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La proc&#233;dure de l'article 712-6 est celle du d&#233;bat contradictoire, donc en pr&#233;sence du condamn&#233; et son avocat, du procureur, et du juge de l'application des peines, et aboutissant &#224; des jugements. Or les r&#233;ductions de peines sont accord&#233;es en commission d'application des peines, c'est-&#224;-dire sans le condamn&#233; et avec l'administration p&#233;nitentiaire, et par le biais d'ordonnances. Il va peut-&#234;tre falloir choisir la proc&#233;dure applicable, non ? Sauf &#224; dire que &#8220;en m&#234;me temps&#8221; ne veut pas dire &#8220;en m&#234;me temps&#8221;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite, si la loi pr&#233;voit des obligations fix&#233;es &#224; la lib&#233;ration du d&#233;tenu, et la possibilit&#233; de sanctionner le condamn&#233;, en revanche, elle ne pr&#233;voit pas qui sera en charge du suivi du condamn&#233;, ni m&#234;me la possibilit&#233; de modifier le cadre en fonction de l'&#233;volution du condamn&#233; (dans une loi qui doit favoriser l'individualisation des peines, c'est un comble !).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Addendum :&lt;/strong&gt; sur un plan strictement pratique, si au lieu d' &#8220;entendre&#8221; les observations de la personne plac&#233;e sous contrainte p&#233;nale (Article 9), le juge de l'application des peines pouvaient &#8220;recueillir&#8221; ces observations, &#231;a permettrait de proc&#233;der, dans certains cas, &#224; la modification de la mesure sans avoir &#224; organiser d'audition directement par le juge de l'application des peines, dans le prolongement des entretiens r&#233;guliers r&#233;alis&#233;s par le SPIP...
&lt;br /&gt;
_ [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Illustration, Susanna Hesselberg, DR' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Il ne s'agit pas ici de faire valoir un avis sur le fond du texte et sur l'int&#233;r&#234;t ou non des r&#233;formes pr&#233;sent&#233;es, mais seulement de mettre en avant les incoh&#233;rences qui apparaissent &#224; ce stade : &lt;a href='http://www.senat.fr/leg/pjl13-642.pdf' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.senat.fr/leg/pjl13-642.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Illustration, Susanna Hesselberg, DR&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est l'histoire d'un texte...</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/C-est-l-histoire-d-un-texte.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/C-est-l-histoire-d-un-texte.html</guid>
		<dc:date>2014-06-03T08:50:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>Juge d'application des peines</dc:subject>
		<dc:subject>Grand public</dc:subject>
		<dc:subject>Fonctions p&#233;nales</dc:subject>

		<description>C'est l'histoire d'un texte, qui n'avait l'air de rien. En 10 mots et 5 nombres, beaucoup de choses risquent de changer pour le suivi des personnes condamn&#233;es. C'est l'histoire d'un texte qui a un nom barbare : CL249. Seuls les grands fans du #DirectAN auront relev&#233; son ascendant g&#233;n&#233;alogique : CL249, c'est l'amendement 249 de la commission des lois. Je vous parle de la r&#233;forme p&#233;nale dont la discussion s'ouvre aujourd'hui &#224; l'Assembl&#233;e nationale. CL249 n'est pas moins barbare quand on le lit : (...)

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;Billets d'humeur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Grand-public-+.html" rel="tag"&gt;Grand public&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH100/arton199-c3054.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='100' class='spip_logos' style='height:100px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est l'histoire d'un texte, qui n'avait l'air de rien. En 10 mots et 5 nombres, beaucoup de choses risquent de changer pour le suivi des personnes condamn&#233;es.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est l'histoire d'un texte qui a un nom barbare : CL249. Seuls les grands fans du #DirectAN auront relev&#233; son ascendant g&#233;n&#233;alogique : CL249, c'est l'amendement 249 de la commission des lois. Je vous parle de la r&#233;forme p&#233;nale dont la discussion s'ouvre aujourd'hui &#224; l'Assembl&#233;e nationale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
CL249 n'est pas moins barbare quand on le lit :
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&quot;Les 1&#176;, 3&#176; et 18&#176; de l'article 132-45 du code p&#233;nal sont supprim&#233;s.&quot;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
Cette fois, ce sont les juristes p&#233;nalistes qui commencent &#224; s'alerter.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'amendement vise notamment &#224; supprimer deux des obligations les plus fr&#233;quentes du sursis avec mise &#224; l'&#233;preuve : l'obligation de travail et l'obligation de soins. L'obligation de travail vise &#224; favoriser la r&#233;insertion professionnelle des condamn&#233;s en les incitant &#224; justifier de d&#233;marches de recherches d'emploi ou de formation, ou de leur activit&#233;. L'obligation de soins int&#233;resse pour sa part un autre type de d&#233;linquance, celle des personnes qui souffrent de probl&#232;mes divers, qu'ils soient alcoolique, toxicologique ou psychologique. Ce sont deux des obligations les plus fr&#233;quemment prononc&#233;es par les juridictions dans le cadre des mises &#224; l'&#233;preuve qui doivent ainsi &#234;tre supprim&#233;es.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le raisonnement est simple (et rus&#233;) : d&#232;s lors que la contrainte p&#233;nale est &#233;tendue &#224; tous les d&#233;lits, en supprimant les obligations de travail et de soins de la mise &#224; l'&#233;preuve, on incite fortement les juridictions &#224; se saisir de la contrainte p&#233;nale, en tout cas si elles souhaitent continuer &#224; prononcer ce type d'obligations. Or, comme les juridictions sont moins f&#233;tichistes de la mise &#224; l'&#233;preuve, qu'attach&#233;es au sens des peines prononc&#233;es, elles seront conduites &#224; employer plus souvent, et m&#234;me quasi exclusivement, la contrainte p&#233;nale. Le calcul est &#233;minemment politicien. Cependant les cons&#233;quences de ce simple amendement sont multiples.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, si CL249 ne vise qu'&#224; supprimer trois obligations (dont deux essentielles) de la mise &#224; l'&#233;preuve, le m&#234;me texte sert de base &#224; de multiples autres mesures. Ainsi, ces obligations peuvent &#234;tre prononc&#233;es dans le cadre d'un am&#233;nagement de peine en semi-libert&#233; ou sous surveillance &#233;lectronique, d'un sursis avec obligation d'accomplir un travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, d'un suivi socio-judiciaire, ou dans l'accompagnement des condamn&#233;s qui b&#233;n&#233;ficient d'une suspension de leur peine. Toutes ces mesures se r&#233;f&#232;rent aux obligations de la mise &#224; l'&#233;preuve, de sorte que modifier le texte principal a des cons&#233;quences multiples. Il fallait donc corriger cet effet indirect, ce que CL249 s'emploie &#224; faire. D&#233;sormais, les obligations de ces mesures continueront &#224; trouver leur r&#233;f&#233;rentiel dans la mise &#224; l'&#233;preuve, mais &#233;galement dans la contrainte p&#233;nale, avec cette limite que &#231;a ne concernera pas non plus toutes les obligations de la contrainte p&#233;nale !
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voil&#224; donc l'histoire de CL249. A vouloir &#234;tre strat&#233;gique, on rend juste la loi plus complexe et moins compr&#233;hensible.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c'est l'histoire d'un texte, que la commission des lois de l'Assembl&#233;e nationale a adopt&#233; en tout juste 40 secondes le 27 mai dernier.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici CL249, pour les lecteurs curieux :
&lt;br /&gt;
&lt;a href='http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/1413/CION_LOIS/CL249.asp' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.assemblee-nationale.fr/1...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allez savoir pourquoi - J'ai honte</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Allez-savoir-pourquoi-J-ai-honte.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Allez-savoir-pourquoi-J-ai-honte.html</guid>
		<dc:date>2014-05-21T09:35:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>featured</dc:subject>
		<dc:subject>Grand public</dc:subject>

		<description>Ce soir, j'ai un peu honte. Je rentre apr&#232;s une journ&#233;e pass&#233;e au service des justiciables, je lis les nouvelles, et notamment celles de l'Assembl&#233;e nationale. Et j'ai un peu honte. Un d&#233;put&#233;, repr&#233;sentant de la nation, donc me repr&#233;sentant moi aussi, pr&#233;sente une r&#233;solution au vote de son assembl&#233;e. Ce qu'il demande ? La suspension des poursuites judiciaires dont il est l'objet. Oh ce n'est pas grand chose une suspension, &#231;a dure le temps de la session parlementaire, laquelle se terminera au (...)

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-featured-+.html" rel="tag"&gt;featured&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Grand-public-+.html" rel="tag"&gt;Grand public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH67/arton198-3e9ff.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='67' class='spip_logos' style='height:67px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce soir, j'ai un peu honte.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je rentre apr&#232;s une journ&#233;e pass&#233;e au service des justiciables, je lis les nouvelles, et notamment celles de l'Assembl&#233;e nationale. Et j'ai un peu honte.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un d&#233;put&#233;, repr&#233;sentant de la nation, donc me repr&#233;sentant moi aussi, pr&#233;sente une r&#233;solution au vote de son assembl&#233;e. Ce qu'il demande ? La suspension des poursuites judiciaires dont il est l'objet.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oh ce n'est pas grand chose une suspension, &#231;a dure le temps de la session parlementaire, laquelle se terminera au mois de juillet. Ce d&#233;lai permettrait tout juste de pr&#233;tendre au renvoi d'une audience correctionnelle, renvoi qui lui serait de toute fa&#231;on accord&#233; s'il le demandait au tribunal.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors pourquoi. Pourquoi ce nouveau geste de d&#233;fiance &#224; l'encontre de l'autorit&#233; judiciaire. D&#233;j&#224;, face &#224; la mise en examen d'un ancien pr&#233;sident de la R&#233;publique, l'int&#233;ress&#233; avait argu&#233; que des juges souhaitaient s'en prendre au pouvoir ex&#233;cutif. Avec une nette clairvoyance puisque quelques mois plus tard, les m&#234;mes pronon&#231;aient un non-lieu &#224; l'encontre de son ami politique.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors pourquoi &#224; nouveau instrumentaliser une lutte de pouvoirs au sein de la R&#233;publique ? Pourquoi vouloir obstin&#233;ment faire voter une assembl&#233;e parlementaire sur son cas personnel, sous pr&#233;texte de la libert&#233; d'expression, afin de mettre en concurrence pouvoir l&#233;gislatif et autorit&#233; judiciaire.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui sortira grandi de cette exp&#233;rience ? Un d&#233;put&#233; ? Le Parlement ? Les tribunaux ? La R&#233;publique ? Personne, sans doute. Au contraire, toutes les institutions seront encore un peu plus d&#233;cr&#233;dibilis&#233;es, affaiblies, et les citoyens, t&#233;moins de cette agitation, un peu plus &#233;coeur&#233;s du comportement de leurs &#233;lites, qu'elles gouvernent, l&#233;gif&#232;rent ou jugent.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors oui. Ce soir, je rentre apr&#232;s une journ&#233;e pass&#233;e aupr&#232;s des justiciables, je lis les nouvelles, et notamment celles de l'Assembl&#233;e nationale. Et j'ai un peu honte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kerviel &#224; la peine</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Kerviel-a-la-peine.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Kerviel-a-la-peine.html</guid>
		<dc:date>2014-05-20T09:17:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>featured</dc:subject>
		<dc:subject>Juge d'application des peines</dc:subject>
		<dc:subject>Grand public</dc:subject>

		<description>A l'occasion de l'ex&#233;cution de la peine de J&#233;r&#244;me Kerviel, les sp&#233;culations vont bon train sur les conditions d'ex&#233;cution de sa peine et les am&#233;nagements qui pourraient &#234;tre prononc&#233;s. Un point sur la situation l&#233;gale du condamn&#233;. I- la peine J&#233;r&#244;me Kerviel a &#233;t&#233; condamn&#233; le 26 octobre 2012 par la Cour d'appel de PARIS &#224; une peine de 5 ans d'emprisonnement dont 2 ans avec sursis. Cela signifie que deux ans ne seront pas ex&#233;cut&#233;s si l'int&#233;ress&#233; ne commet pas de nouveau d&#233;lit (pour lequel au surplus (...)

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;Billets d'humeur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-featured-+.html" rel="tag"&gt;featured&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Grand-public-+.html" rel="tag"&gt;Grand public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH83/arton197-56c50.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='83' class='spip_logos' style='height:83px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion de l'ex&#233;cution de la peine de J&#233;r&#244;me Kerviel, les sp&#233;culations vont bon train sur les conditions d'ex&#233;cution de sa peine et les am&#233;nagements qui pourraient &#234;tre prononc&#233;s. Un point sur la situation l&#233;gale du condamn&#233;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;I- la peine
&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#233;r&#244;me Kerviel a &#233;t&#233; condamn&#233; le 26 octobre 2012 par la Cour d'appel de PARIS &#224; une peine de 5 ans d'emprisonnement dont 2 ans avec sursis. Cela signifie que deux ans ne seront pas ex&#233;cut&#233;s si l'int&#233;ress&#233; ne commet pas de nouveau d&#233;lit (pour lequel au surplus l'int&#233;ress&#233; serait condamn&#233; &#224; une peine d'emprisonnement ferme) dans un d&#233;lai de 5 ans, soit d'ici octobre 2017. En revanche, une peine de trois ans d'emprisonnement &#8220;ferme&#8221; a &#233;t&#233; prononc&#233;e par le Tribunal, et celle-ci, elle reste &#224; ex&#233;cuter.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Parquet de Paris a choisi d'attendre la d&#233;cision de la Cour de cassation pour ramener la peine &#224; ex&#233;cution (ce qui n'&#233;tait pas obligatoire et n'a pas toujours lieu). Celle-ci &#233;tant confirm&#233;e, depuis ce matin, J&#233;r&#244;me Kerviel est incarc&#233;r&#233;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la lecture de la presse, il doit &#234;tre constat&#233; que la d&#233;tention provisoire qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;e par l'int&#233;ress&#233; dans cette affaire, en 2008, s'&#233;l&#232;ve &#224; 41 jours. La d&#233;tention provisoire est ex&#233;cut&#233;e avant la condamnation, comme une mesure de s&#251;ret&#233;, de protection de la soci&#233;t&#233;. En revanche, si une peine d'emprisonnement ferme est prononc&#233;e, cette d&#233;tention provisoire doit &#234;tre d&#233;duite de la peine &#224; ex&#233;cuter.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, J&#233;r&#244;me Kerviel est incarc&#233;r&#233; le 19 mai 2014. Il devrait donc finir sa peine le 19 mai 2017, mais comme 41 jours ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s en d&#233;tention provisoire, il terminerait sa peine au plus tard le 08 avril 2017.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;II- les r&#233;ductions de peine
&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On applique d'abord des cr&#233;dits de r&#233;duction de peine, selon un dispositif instaur&#233; dans sa derni&#232;re version par la loi Perben du 09 mars 2004. Il faut rappeler que ces r&#233;ductions de peine participent &#224; maintenir l'ordre en d&#233;tention : en effet, en cas d'incidents commis au cours de la peine, les cr&#233;dits de r&#233;duction de peine pourront &#234;tre retir&#233;s par le juge de l'application des peines, prolongeant ainsi la peine &#224; ex&#233;cuter (sans d&#233;passer la peine prononc&#233;e ce qui serait contraire &#224; nos principes constitutionnels).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cr&#233;dits de r&#233;duction de peine sont calcul&#233;s &#224; partir de la peine prononc&#233;e, soit en l'absence de r&#233;cidive, 3 mois pour la premi&#232;re ann&#233;e, et 2 mois pour les ann&#233;es suivantes. Ainsi, J&#233;r&#244;me Kerviel a d'ores et d&#233;j&#224; b&#233;n&#233;fici&#233; de 7 mois de r&#233;duction de peine (m&#234;me s'ils ne sont pas d&#233;finitivement acquis, tout d&#233;pend de son comportement).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut &#233;galement savoir qu'un autre syst&#232;me de r&#233;ductions de peine existe, les r&#233;ductions suppl&#233;mentaires de peine peuvent &#234;tre prononc&#233;es si des efforts de r&#233;insertion sont ex&#233;cut&#233;s pendant la d&#233;tention. L'examen a lieu n&#233;anmoins a posteriori, soit avant la fin de la peine, soit au bout d'un an de d&#233;tention. En l'esp&#232;ce, ce ne sera donc pas avant mars 2015...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, compte tenu des r&#233;ductions de peine, J&#233;r&#244;me KERVIEL pourrait &#234;tre lib&#233;rable sept mois plus t&#244;t, soit le 08 septembre 2016.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;III- le placement sous surveillance &#233;lectronique et la semi-libert&#233;&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le placement sous surveillance &#233;lectronique et la semi-libert&#233; fonctionnent selon le m&#234;me principe : le condamn&#233; a des heures de sortie autoris&#233;s, et le reste du temps il doit soit rentrer chez lui, sous le contr&#244;le d'un bracelet &#233;lectronique, soit rentrer dans un &#233;tablissement p&#233;nitentiaire. La d&#233;cision est prise par un juge de l'application des peines.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces am&#233;nagements de peine sont accessibles, en l'absence de r&#233;cidive, pour une dur&#233;e d'emprisonnement maximale de deux ans, depuis la loi Dati du 24 novembre 2009 (puisqu'avant c'&#233;tait seulement un an d'emprisonnement). Par cons&#233;quent, ces am&#233;nagements de peine seront possibles &#224; compter du 08 septembre 2014.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il doit &#234;tre observ&#233; qu'en l'&#233;tat des lois, le placement sous surveillance &#233;lectronique et la semi-libert&#233; restent soumis au r&#233;gime de l'emprisonnement, ce qui signifie que le condamn&#233; pourra encore b&#233;n&#233;ficier de r&#233;ductions suppl&#233;mentaires de peine par la suite.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;IV- la lib&#233;ration conditionnelle&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre choix qui s'offre au condamn&#233;, il peut solliciter une mesure de lib&#233;ration conditionnelle, c'est-&#224;-dire qu'il est lib&#233;r&#233;, &#224; charge pour lui de r&#233;pondre aux convocations d'un juge de l'application des peines et d'un service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation, ainsi qu'&#224; un certain nombre d'obligations (comme le travail ou l'indemnisation des victimes par exemple). Si ce cadre n'est pas respect&#233;, le condamn&#233; peut &#234;tre r&#233;incarc&#233;r&#233;, pour reprendre la peine d'emprisonnement l&#224; o&#249; elle s'&#233;tait interrompue.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis les lois Guigou du 15 juin 2000 et Perben du 09 mars 2004, en l'absence de r&#233;cidive, la lib&#233;ration conditionnelle est possible d&#232;s lors que le condamn&#233; a ex&#233;cut&#233; la moiti&#233; de sa peine. On prend en compte, non pas la peine prononc&#233;e par le tribunal, mais la peine qui est r&#233;ellement &#224; ex&#233;cuter, c'est-&#224;-dire en fonction des r&#233;ductions de peine qui ont &#233;t&#233; octroy&#233;es.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En l'esp&#232;ce, il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; que J&#233;r&#244;me Kerviel &#233;tait lib&#233;rable le 08 septembre 2016. Par cons&#233;quent, il aura ex&#233;cut&#233; la moiti&#233; de sa peine, en l'&#233;tat le 14 juillet 2015. N&#233;anmoins, d'ici, l&#224;, vous vous souviendrez qu'un examen des r&#233;ductions suppl&#233;mentaires des peines aura eu lieu, donc cette date pourrait &#234;tre encore avanc&#233;e (mais aussi repouss&#233;e si le comportement du condamn&#233; entra&#238;ne un retrait des cr&#233;dits de r&#233;duction de peine).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut observer que, d&#232;s lors qu'une d&#233;cision de lib&#233;ration conditionnelle est prononc&#233;e, la situation p&#233;nitentiaire du condamn&#233; est fig&#233;e : il ne peut plus y avoir, ni octroi de nouvelles r&#233;ductions suppl&#233;mentaires de peine, ni retrait de cr&#233;dits de r&#233;duction de peine. Le condamn&#233; sera suivi au minimum jusqu'&#224; la date de fin de peine (08 septembre 2016 en l'&#233;tat), voire jusque un an plus tard (08 septembre 2017).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pr&#233;cisons enfin que, comme le placement sous surveillance &#233;lectronique et la semi-libert&#233; sont ex&#233;cut&#233;s sous le r&#233;gime de l'emprisonnement, le condamn&#233; peut, dans les m&#234;mes conditions de temps, b&#233;n&#233;ficier de la lib&#233;ration conditionnelle apr&#232;s l'un de ces am&#233;nagements de peine.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;V- L'am&#233;nagement de peine &#8220;combo&#8221;&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non, ce n'est pas un terme juridique ! Mais il combine &#224; la fois la lib&#233;ration conditionnelle et la mesure de placement sous surveillance &#233;lectronique ou de semi-libert&#233;. Un an avant la date &#224; laquelle le condamn&#233; peut pr&#233;tendre &#224; la lib&#233;ration conditionnelle, il peut &#234;tre plac&#233; dans le cadre d'un placement sous surveillance &#233;lectronique ou d'une semi-libert&#233;. Il s'agit l&#224; d'une mesure probatoire, int&#233;gr&#233;e &#224; la lib&#233;ration conditionnelle. En fait, le juge de l'application des peines qui est amen&#233; &#224; statuer va d&#233;finir les modalit&#233;s du placement sous surveillance &#233;lectronique et de la semi-libert&#233;, la date &#224; partir de laquelle le condamn&#233; sera plac&#233; en lib&#233;ration conditionnelle, et les modalit&#233;s de celles-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En l'esp&#232;ce, on a d&#233;termin&#233; que la lib&#233;ration conditionnelle &#233;tait accessible, &#224; ce jour, &#224; compter du 14 juillet 2015. Par cons&#233;quent, avec une mesure probatoire de placement sous surveillance &#233;lectronique ou de semi-libert&#233;, l'am&#233;nagement de la peine serait accessible d&#232;s le 14 juillet 2014.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut, l&#224; encore, observer que, comme pour une d&#233;cision de lib&#233;ration conditionnelle, la situation p&#233;nitentiaire du condamn&#233; est fig&#233;e aussit&#244;t le jugement rendu : il n'y aura plus de r&#233;ductions de peine, ni ajout&#233;es ni retir&#233;es. C'est la diff&#233;rence avec le fait d'avoir d'abord demand&#233; le placement sous surveillance &#233;lectronique ou la semi-libert&#233;, et au cours de ces mesures de demander la lib&#233;ration conditionnelle : dans cette hypoth&#232;se, on aura continu&#233; &#224; b&#233;n&#233;ficier des r&#233;ductions de peine (mais aussi risqu&#233; d'&#234;tre sanctionn&#233; !).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, le terme de la lib&#233;ration conditionnelle peut, l&#224; encore, &#234;tre prolong&#233; d'un an par rapport &#224; la fin de peine.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, si la mesure n'est pas respect&#233;e pendant la p&#233;riode probatoire, le condamn&#233; est simplement r&#233;incarc&#233;r&#233; et poursuit sa peine, qui n'a pas &#233;t&#233; interrompue (puisque placement sous surveillance &#233;lectronique et semi-libert&#233; s'ex&#233;cutent sous le r&#233;gime de l'emprisonnement). Si les incidents ont lieu pendant la lib&#233;ration conditionnelle proprement dite, la peine n'ayant &#233;t&#233; suspendue qu'apr&#232;s la p&#233;riode probatoire, la r&#233;incarc&#233;ration peut &#234;tre prononc&#233;e pour la peine restant &#224; courir &#224; cette date.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;VI- L'opportunit&#233; de l'am&#233;nagement de peine&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Incarc&#233;r&#233; aujourd'hui, J&#233;r&#244;me Kerviel pourrait donc, en l'&#233;tat, pr&#233;tendre :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#224; compter du 14 juillet 2014 &#224; la lib&#233;ration conditionnelle avec placement sous surveillance &#233;lectronique ou semi-libert&#233; probatoire,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#224; compter du 08 septembre 2014 au placement sous surveillance &#233;lectronique ou &#224; la semi-libert&#233;,
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#224; compter du 14 juillet 2015, &#224; la lib&#233;ration conditionnelle.
Cependant, ces am&#233;nagements de peine ne sont pas automatiques ! Le juge de l'application des peines est garant du sens des d&#233;cisions de justice qui sont prononc&#233;es, et en particulier des peines. Il doit donc appr&#233;cier la situation du condamn&#233;, son projet, et les efforts qui ont pu d&#233;j&#224; &#234;tre fournis au cours de la peine.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, pour b&#233;n&#233;ficier du placement sous surveillance &#233;lectronique ou de la semi-libert&#233;, il faut justifier d'un projet professionnel, de la n&#233;cessit&#233; d'un traitement m&#233;dical, d'une participation essentielle &#224; la vie familiale, ou d'un projet de r&#233;insertion de nature &#224; pr&#233;venir les risques de r&#233;cidive.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S'agissant de la lib&#233;ration conditionnelle, il faudra en outre qu'au cours de sa peine, le condamn&#233; ait fait la preuve d' &#8220;efforts s&#233;rieux de r&#233;adaptation sociale&#8221;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les projets sont pr&#233;par&#233;s et contr&#244;l&#233;s, la plupart du temps, par les services p&#233;nitentiaires d'insertion et de probation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les requ&#234;tes d&#233;pos&#233;es par les condamn&#233;s sont audienc&#233;es, dans un d&#233;lai de quatre mois. A l'occasion d'un d&#233;bat contradictoire, le condamn&#233; (et son avocat s'il en a un), expose son projet. Le procureur de la R&#233;publique donnera son avis. L'ensemble de ces crit&#232;res sera ensuite appr&#233;ci&#233; par le juge de l'application des peines qui rendra sa d&#233;cision, en prenant en compte les d&#233;lais, le projet, mais aussi la gravit&#233; des faits et l'avis de la victime.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dates &#224; laquelle les am&#233;nagements de peine sont possibles peuvent &#234;tre proches, mais parfois la route est longue jusqu'&#224; la d&#233;cision.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Juge d'instruction : parole &#224; la d&#233;fense !</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Juge-d-instruction-parole-a-la.html</link>
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		<dc:date>2014-03-17T12:12:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>featured</dc:subject>
		<dc:subject>Juge d'instruction</dc:subject>
		<dc:subject>Grand public</dc:subject>

		<description>Je pensais initialement faire un billet p&#233;dagogique sur les &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques mais finalement tout a &#233;t&#233; dit depuis plusieurs jours sur ce point : leur cadre l&#233;gal, leur dur&#233;e, les cas dans lesquels un avocat peut &#234;tre plac&#233; sous interception t&#233;l&#233;phoniques&#8230; Alors je pr&#233;f&#232;re vous parler du juge d'instruction, cet &#234;tre dont on dit aujourd'hui qu'il commet des &#171; abus de pouvoirs &#187;, lui conf&#233;rant ainsi une toute puissance qu'il n'a pas. On peut d'autant plus le dire que jamais un juge d'instruction (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L103xH150/arton195-b94c1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='103' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:103px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je pensais initialement faire un billet p&#233;dagogique sur les &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques mais finalement tout a &#233;t&#233; dit depuis plusieurs jours sur ce point : leur cadre l&#233;gal, leur dur&#233;e, les cas dans lesquels un avocat peut &#234;tre plac&#233; sous interception t&#233;l&#233;phoniques&#8230;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors je pr&#233;f&#232;re vous parler du juge d'instruction, cet &#234;tre dont on dit aujourd'hui qu'il commet des &#171; abus de pouvoirs &#187;, lui conf&#233;rant ainsi une toute puissance qu'il n'a pas. On peut d'autant plus le dire que jamais un juge d'instruction n'ordonne lui-m&#234;me la d&#233;tention. Il ne s'exprimera pas non plus sur un dossier dont il a la charge ni sur les attaques dont il est directement la cible. Il n'a de toute fa&#231;on pas le choix s'il veut garder sa position d'impartialit&#233; car en s'exprimant de quelque fa&#231;on que ce soit, il ne pourrait plus instruire le dossier qui lui a &#233;t&#233; confi&#233;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le juge d'instruction n'est ni un surhomme, ni un chevalier blanc et encore moins un justicier vengeur. Lorsqu'un dossier sensible se profile, chaque d&#233;cision est pes&#233;e, r&#233;fl&#233;chie, car il sait qu'il s'exposera et que la seule chose que tout cela pourra lui attirer, ce sont des ennuis. Un juge d'instruction travaille dans un bureau souvent trop petit, rempli de dossiers, de papiers, qu&#233;mande des stylos, des post-it, une greffi&#232;re &#224; temps plein. Il n'est pas celui qui ordonne, commande sans cesse et &#224; qui l'on ob&#233;it sans discuter. Il ne recherche aucune client&#232;le, ni aucun salaire suppl&#233;mentaire selon les dossiers qu'il instruit, mais seulement la satisfaction d'honorer le serment qu'il a pr&#234;t&#233; au d&#233;but de sa carri&#232;re. Le juge d'instruction n'est pas cet &#234;tre machiav&#233;lique qui complote dans le secret de son cabinet contre les grands de ce monde.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Instruire un dossier peut n'&#234;tre qu'une simple mise en l'&#233;tat des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments, mais cela peut &#233;galement &#234;tre tr&#232;s strat&#233;gique, le tout non pas pour &#171; faire tomber quelqu'un &#187; mais pour s'approcher au plus pr&#232;s de la v&#233;rit&#233;. Lorsque le juge d'instruction ordonne des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques, il sait que cela va co&#251;ter de l'argent et des moyens humains. Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, les enqu&#234;teurs ne sont pas ravis de passer des heures assis sur une chaise, le casque &#224; l'oreille pour &#233;couter des heures de conversations dont un infime pourcentage concernera l'enqu&#234;te en cours. Il faut aussi parfois faire des choix de lignes &#224; placer sur &#233;coutes, lorsque l'enqu&#234;te commanderait de r&#233;aliser vingt interceptions mais que mat&#233;riellement les enqu&#234;teurs ne peuvent pas en faire plus de cinq en m&#234;me temps. La presse s'est faite l'&#233;cho de chiffres farfelus quant au nombre de policiers d&#233;di&#233;s &#224; une enqu&#234;te : 50, 60, 100... Je n'ai jamais vu et ne verrai jamais h&#233;las 50 enqu&#234;teurs d&#233;di&#233;s &#224; long terme exclusivement &#224; une seule enqu&#234;te. Si le juge d'instruction arrive &#224; avoir trois enqu&#234;teurs qui ne travaillent que sur son dossier, il a d&#233;j&#224; de la chance.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors il faut bien que quelqu'un prenne la d&#233;fense du juge d'instruction puisque de toute &#233;vidence il n'y a pas ou peu d'avocats pour le faire actuellement. Au-del&#224;, le plus d&#233;sesp&#233;rant est peut &#234;tre cette impression distill&#233;e que magistrats et avocats sont en guerre permanente. Lorsque les mots &#171; combats &#187; sont employ&#233;s dans la presse, lorsque des mots tr&#232;s durs sont prononc&#233;s &#224; l'encontre des juges d'instruction... Il y a des avocats avec lesquels cela se passe toujours mal, dans le conflit, l'agressivit&#233; ; et il y a la majorit&#233; des avocats avec lesquels on peut discuter, &#233;changer des points de vue, chacun jouant son r&#244;le dans le respect de l'autre.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce court expos&#233;, j'ai parl&#233; du juge d'instruction au masculin et pourtant beaucoup de femmes sont juge d'instruction. J'en fait partie et j'en suis fi&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Justice-fiction &amp; Justice-r&#233;alit&#233;</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Justice-fiction-Justice-realite.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Justice-fiction-Justice-realite.html</guid>
		<dc:date>2013-10-15T12:50:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>Grand public</dc:subject>
		<dc:subject>Minist&#232;re de la Justice</dc:subject>

		<description>Quelle corr&#233;lation y a-t-il selon vous entre les grilles de programmes des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et le budget du Minist&#232;re de la Justice pour 2014 ? Aucune, &#233;videmment ! Pourtant, il pourrait &#234;tre opportun, en ces temps de disette budg&#233;taire, d'en cr&#233;er une en instaurant une taxe sp&#233;ciale sur les programmes de t&#233;l&#233;vision portant sur la Justice. Certes, le Minist&#232;re de la Justice fait figure de privil&#233;gi&#233; dans la nouvelle loi de finances car il fait partie des rares minist&#232;res dont le budget (...)

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Ministere-de-la-Justice,17-+.html" rel="tag"&gt;Minist&#232;re de la Justice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH97/arton192-f4707.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='97' class='spip_logos' style='height:97px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle corr&#233;lation y a-t-il selon vous entre les grilles de programmes des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et le budget du Minist&#232;re de la Justice pour 2014 ?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune, &#233;videmment ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, il pourrait &#234;tre opportun, en ces temps de disette budg&#233;taire, d'en cr&#233;er une en instaurant une taxe sp&#233;ciale sur les programmes de t&#233;l&#233;vision portant sur la Justice. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, le Minist&#232;re de la Justice fait figure de privil&#233;gi&#233; dans la nouvelle loi de finances car il fait partie des rares minist&#232;res dont le budget n'a pas diminu&#233;. Cependant, on l'a assez dit, le manque de moyens est criant et la Justice fran&#231;aise est aujourd'hui exsangue. Manque de juges, de tribunaux, de fonctionnaires, de greffiers, d'&#233;ducateurs, de travailleurs sociaux. Manque de place dans les prisons, manque d'experts, manque de lits dans les foyers. Manque de financements pour les projets innovants, pour diversifier la r&#233;ponse p&#233;nale, offrir une alternative s&#233;rieuse &#224; la prison.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pourtant, la Justice fascine ! Allumez votre poste de t&#233;l&#233;vision &#224; n'importe quelle heure, n'importe quel jour de la semaine. Zappez. Vous vous apercevrez alors que pas moins de 50 % des programmes diffus&#233;s ont un rapport avec la Justice. Qu'il s'agisse d'un reportage, d'une fiction, d'une &#233;mission de d&#233;bat, d'une reconstitution, d'une s&#233;rie ; ces programmes nous ram&#232;nent &#224; l'acte de juger, &#224; l'exercice de jonglerie entre s&#233;curit&#233; et libert&#233;, aux dangers que repr&#233;sentent le d&#233;lit ou le crime pour notre soci&#233;t&#233; traumatis&#233;e. Flic au grand coeur ou juge corrompu font frissonner et journalistes s'&#233;rigent en historiens judiciaires. Et je n'&#233;voque volontairement que la t&#233;l&#233;vision, car il me semble &#234;tre le m&#233;dia plus accessible &#224; l'opinion publique et donc le plus repr&#233;sentatif. Le plus r&#233;mun&#233;rateur aussi, en termes de recettes publicitaires.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;calage existant entre l'int&#233;r&#234;t que suscite la Justice aupr&#232;s de la population et la part du budget national qui lui est attribu&#233;e est flagrant. Mettons environ 3% du budget du l'Etat et 50% du temps de r&#233;cr&#233;ation t&#233;l&#233;visuelle des fran&#231;ais. Je suppose que la Justice est une valeur s&#251;re en terme d'audience (t&#233;l&#233;visuelle), qu'elle fait recette en ce qu'elle permet de &quot;vendre du temps de cerveau de disponible&quot;. Sinon pourquoi occuperait-elle autant de place sur nos petits &#233;crans ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ose alors le proclamer : c'est une grande injustice de cr&#233;er de la richesse dans la Justice-fiction en laissant indigente la Justice-r&#233;alit&#233; !
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M'accusera-t-on d'assassiner les soci&#233;t&#233;s de production, le journalisme ou la cr&#233;ation artistique en envisageant des programmes concrets financ&#233;s par un infinit&#233;simal pourcentage des recettes publicitaires (r&#233;novation de prisons, ouverture de centres d'accueil de jour ou de soins, r&#233;novation de foyers pour enfants d&#233;linquants, am&#233;lioration des am&#233;nagements des tribunaux, soutien aux consultations juridiques gratuites) ? Je r&#233;pondrai au contraire que je d&#233;fends une certaine id&#233;e de la Justice, de la qualit&#233; du service public voire de la dignit&#233; humaine du justiciable. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et rien n'implique que cela se fasse &#224; sens unique. En contrepartie de ce modique pr&#233;l&#232;vement, des magistrats ou auxiliaires de justice b&#233;n&#233;voles pourraient mettre leur science &#224; la disposition de sc&#233;naristes, de r&#233;alisateurs, d'acteurs ou de journalistes en qu&#234;te de r&#233;alisme proc&#233;dural ou de coh&#233;rence l&#233;gale.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'avantage serait alors double. Non seulement les fran&#231;ais contribueraient &#224; am&#233;liorer leur Justice en regardant la t&#233;l&#233;vision. Mais en plus, la repr&#233;sentation de la Justice qu'on leur offrirait serait plus proche de la r&#233;alit&#233; et alimenterait moins de fantasmes...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Engagez-vous ! Je suis devenu magistrat, et aujourd'hui je ferais le m&#234;me choix</title>
		<link>http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Je-suis-devenu-magistrat-et.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Je-suis-devenu-magistrat-et.html</guid>
		<dc:date>2013-10-02T22:48:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un jeune magistrat parmi d'autres</dc:creator>


		<dc:subject>Grand public</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Devenir magistrat, pour occuper des fonctions diversifi&#233;es, b&#233;n&#233;ficier de revenus r&#233;guliers, mais surtout tenir un r&#244;le actif et passionnant dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/-Billets-d-humeur-.html" rel="directory"&gt;Billets d'humeur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/+-Grand-public-+.html" rel="tag"&gt;Grand public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.jeunesmagistrats.fr/v2/local/cache-vignettes/L150xH93/arton191-ae4e0.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='93' class='spip_logos' style='height:93px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bien s&#251;r, ce n'est pas la Seine,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas le bois de Vincennes,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est bien joli tout de m&#234;me,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A G&#246;ttingen, &#224; G&#246;ttingen.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a le manque de moyens, qui participe bien souvent &#224; rendre la Justice injuste, qui retarde le placement d'enfants en danger, qui emp&#234;che la prise en charge des condamn&#233;s, qui renvoie &#224; plusieurs mois l'audience du juge aux affaires familiales qui doit statuer sur votre divorce, ou celle des magistrats qui devront trancher sur l'indemnisation des victimes d'un accident de la circulation...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a la critique souvent peu am&#232;ne des responsables politiques et m&#233;diatiques, les premiers oubliant que nous n'appliquons que leurs lois avec le budget qu'ils votent, les seconds prenant rarement la peine de comprendre le syst&#232;me l&#233;gal dans lequel la soci&#233;t&#233; se d&#233;veloppe...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et lorsque viendra le jour o&#249;, par hasard, vous aurez le malheur de voir l'affaire que vous traitez, &#234;tre m&#233;diatis&#233;e, d&#233;cortiqu&#233;e, transform&#233;e, chacun donnant son avis sans conna&#238;tre ni le fond de votre dossier ni m&#234;me les textes de lois applicables, et o&#249; vous serez vilipend&#233;s pour vos choix, pourtant fond&#233;s sur les lois de la R&#233;publique, mais pour lesquels vous serez le malheureux bouc-&#233;missaire, vous resterez isol&#233;...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, tout cela est la r&#233;alit&#233; de ce que nous visons, mais...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... Mais il ne faut pas oublier que notre quotidien est d'intervenir dans des situations litigieuses, et pour lesquelles nous apportons des solutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des affaires civiles qui opposent les particuliers au quotidien, pour d&#233;terminer si des loyers &#233;taient dus ou un bail r&#233;sili&#233;. Des agriculteurs qui se d&#233;battent avec leurs dettes pour parvenir &#224; survivre et prot&#233;ger leur culture et la n&#244;tre. Des salari&#233;s exploit&#233;s ou des entreprises exsangues. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des affaires p&#233;nales pour d&#233;terminer si des infractions sont constitu&#233;es, et surtout appr&#233;cier la juste peine, qui &#224; la fois prot&#233;gera la soci&#233;t&#233;, pr&#233;servera la victime, et favorisera la r&#233;insertion du condamn&#233; en fonction de la gravit&#233; du d&#233;lit qui a &#233;t&#233; commis. O&#249; l'on d&#233;couvre que le d&#233;linquant n'est pas, le plus souvent, le dangereux agresseur d&#233;crit chaque jour, mais qu'il est en g&#233;n&#233;ral un pauvre h&#232;re &#224; la d&#233;rive dans une soci&#233;t&#233; qui ne lui donne pas sa place, qu'il faudra &#233;videmment sanctionner pour ses actes, mais aussi ensuite accompagner pour lui donner les moyens de ne pas recommencer.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des affaires de famille, de couples d&#233;chir&#233;s, de parents d&#233;pass&#233;s, d'enfances bris&#233;es, o&#249; vous tentez de ramener une norme sociale, l'id&#233;e d'un &#8220;vivre ensemble&#8221;, l'image d'une soci&#233;t&#233; o&#249; chacun doit avoir sa place, et finalement un discours rationnel face &#224; des &#234;tres &#233;mus et parfois aveugl&#233;s par leurs blessures.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque fois, le magistrat est appel&#233; pour arbitrer, dans l'esprit des gens, ce qui est juste, et dans r&#233;alit&#233;, ce qui est l&#233;gal (ce qui donne souvent lieu &#224; des malentendus entre les citoyens et les juristes, alors que l'ordre juste d&#233;pend d'abord des choix politiques op&#233;r&#233;s par le L&#233;gislateur et le gouvernement). Le magistrat est un homme, une femme, &#224; qui est confi&#233; l'ordre social, la possibilit&#233; de r&#233;tablir le droit dans des litiges, et qui permet d'apporter sa contribution personnelle &#224; la paix de la soci&#233;t&#233;, quoique toute d&#233;cision fasse toujours au moins un malheureux, auquel on donnera tort.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... Mais il ne faut pas oublier que si nous nous plaignons toujours du manque de moyens dont nous souffrons, parfois m&#234;me de revenus que certains trouvent insuffisants (compte tenu du bagage intellectuel et des &#233;tudes n&#233;cessaires &#224; notre formation et des contraintes de travail auxquelles nous sommes soumis), le magistrat per&#231;oit des ressources qui lui sont vers&#233;es r&#233;guli&#232;rement, sans al&#233;a, et qui le placent rapidement dans la classe moyenne sup&#233;rieure, loin de la lutte auxquelles sont soumis les avocats pour leur comptabilit&#233; et la qu&#234;te d'une client&#232;le solvable, qui rend leur situation p&#233;cuniaire beaucoup plus al&#233;atoire.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... Mais il faut rappeler que nos fonctions sont vari&#233;es et nous interdisent toute routine professionnelle : le magistrat peut &#234;tre nomm&#233; procureur, charg&#233; des poursuites p&#233;nales et de mille autres comp&#233;tences, juge des enfants pour contr&#244;ler les mineurs d&#233;linquants tout comme prot&#233;ger les plus jeunes en danger, juge des affaires familiales statuant sur les divorces, juge des litiges civiles ou du tribunal correctionnel, juge de l'application des peines charg&#233; du suivi des condamn&#233;s, juge des tutelles, des baux ruraux, d&#233;partiteur au conseil de prud'hommes, etc.. Au fil du temps, le magistrat pourra, selon ses choix, occuper diff&#233;rents postes, mais aussi traverser la France enti&#232;re en qu&#234;te de nouveaux territoires... Combien de fonctions permettent une telle diversit&#233; dans la carri&#232;re, en conservant le m&#234;me emploi et son anciennet&#233; ?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;... Mais il y a le statut de magistrat, et l'ind&#233;pendance sur laquelle il faut apprendre &#224; s'appuyer au quotidien, tout en &#233;tant conscient de la responsabilit&#233; et de la rigoureuse honn&#234;tet&#233; intellectuelle qu'elle implique. Des pressions peuvent parfois survenir de mani&#232;re indirecte, sous la forme de conseils professionnels que les uns et les autres peuvent donner ; il y a toujours les r&#233;quisitions et plaidoiries qu'il faut &#224; la fois entendre mais en appliquant une analyse critique ; il y a encore et surtout les pr&#233;jug&#233;s qui habitent chacun, dont il faut se d&#233;partir pour d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; plut&#244;t que ses id&#233;es ; l'ind&#233;pendance, c'est une autorit&#233; qui vous est conf&#233;r&#233;e, mais aussi une responsabilit&#233; dont vous avez la charge.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors je d&#233;nonce notre impossibilit&#233; &#224; r&#233;pondre correctement &#224; chacune de nos missions, je d&#233;nonce le manque de consid&#233;ration que nous avons pour le justiciable en raison de la cadence infernale que les stocks de dossiers nous obligent &#224; adopter, je d&#233;nonce le regard que la soci&#233;t&#233; porte sur notre action quand le plus souvent nous t&#226;chons de la mener au mieux et sans moyen, je d&#233;nonce ceux qui con&#231;oivent des textes de lois seulement pour que la politique retienne leur nom, et auxquels il nous faudra donner un sens applicable &#224; la r&#233;alit&#233; des situations que nous percevons, je d&#233;nonce l'absence de coll&#232;gues, de greffiers, de partenaires, de dialogues, de temps, de reconnaissance, mais chaque jour je me l&#232;ve motiv&#233; et heureux d'&#234;tre un rouage de notre institution judiciaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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