Réflexions/Débats

Office du juge pénal et nullités de procédure, 25 octobre 2018, Université Lyon III, en présence de l’AJM

Devant l’augmentation des garanties reconnues aux mis en cause pendant l’enquête, la question des nullités de procédure revêt une importance croissante en pratique devant les juridictions répressives au regard de son incidence sur l’intégrité de la procédure pénale.

Ayant vocation à sanctionner les manquements aux règles élémentaires de la procédure pénale dont le respect des droits de la défense, les nullités sont caractérisées par leur dimension technique et une jurisprudence aussi riche que déconcertante. Il en résulte pour les praticiens une réelle difficulté à appréhender ces nullités, ce qui parfois les dissuade à les invoquer lors du procès.

Dès lors, plusieurs questions se posent : comment le prévenu peut-il faire valoir une nullité devant le tribunal pour un acte ou une mesure procédurale dont il a fait l’objet en l’absence d’un avocat à ses côtés ? Le juge peut-il décider de son propre chef de relever la nullité afin d’en tirer toutes les conséquences, en annulant l’acte vicié voire les actes postérieurs ? Quid de l’état de la jurisprudence vis-à-vis du relevé d’office des nullités ? La position retenue est-elle satisfaisante au regard des principes directeurs et des exigences conventionnelles ?

Ces interrogations sont légitimes, comme en témoigne une question prioritaire de constitutionnalité posée récemment en ce sens. Les interventions croisées de magistrats du siège et du Parquet, d’universitaires et d’avocats donneront l’occasion d’apporter des réponses.

Il s’agit d’abord de dresser un état des lieux de cette prise en compte des nullités de procédure par le juge pénal au stade de l’audience de jugement, en se plaçant dans la situation procédurale la plus fréquente en matière correctionnelle, à savoir la comparution du prévenu en l’absence d’instruction préalable. Ces échanges permettront ensuite de revenir sur la conception actuelle de l’office du juge pénal et de réfléchir à une potentielle évolution de son champ d’intervention, en envisageant la possibilité d’un relevé d’office de certaines nullités.

Les réflexions de ce colloque s’inscrivent dans le contexte de la simplification de la procédure pénale annoncée par la Chancellerie.

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